LIPOLYSE : SOLUTION MIRACLE CONTRE LA CELLULITE ?

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Lipolyse : solution miracle contre la cellulite ?

La lipolyse, une technique qui repose sur l’injection de phosphatidylcholine, permet de détruire les cellules graisseuses mal placées. Est-ce une solution miracle contre la cellulite, la culotte de cheval ? Non. Le Dr Catherine de Goursac* précise bien que cette technique ne s’adresse qu’à des zones graisseuses très localisées comme la face interne des genoux, un petit bourrelet sur la face interne des cuisses, le double menton, les aisselles… Explications.

Quel est le principe de la lipolyse ?

Dr Catherine de Goursac : On injecte un cocktail de phosphatidylcholine et de déoxycholate. La phosphatidylcholine fait partie des membranes de toutes les cellules, dont celles des adipocytes (cellules graisseuses). Nous avons donc besoin d’ajouter du déoxycholate pour casser la membrane des cellules et laisser la phosphatidylcholine dissoudre les triglycérides présents dans les adipocytes.

Lipolyse : s’agit-il d’un nouveau traitement ?

Dr Catherine de Goursac : Les premières publications datent de 1962/1965. La lipolyse a initialement été utilisée par des Russes et des Allemands en injection intra-artérielle pour dissoudre les plaques d’athérome. Ensuite elle a été beaucoup employée par voie buccale pour dissoudre les surcharges graisseuses pathologiques (stéatose hépatique, cirrhose biliaire primitive). L’utilisation de la lipolyse à visée esthétique n’a débuté qu’en 2001 avec une publication de Patricia Rittes, au Brésil. Depuis cette date, de nombreuses publications ont porté sur la lipolyse et ce thème est toujours largement abordé dans les congrès. Étant utilisée un peu partout dans le monde, notamment par les Américains du nord, les Latino-américains et les Européens, il a fallu rapidement établir puis affiner un protocole pour la pratique de la lipolyse.

Peut-on recourir à la lipolyse pour se débarrasser de toutes les surcharges graisseuses ?

Dr Catherine de Goursac : La lipolyse n’est pas un substitut de la lipoaspiration. On ne peut pas, par exemple, traiter une forte culotte de cheval. Elle est uniquement destinée aux surcharges graisseuses localisées : banane sous fessière, les flancs, autour des aisselles, double menton, face interne des genoux, un petit bourrelet sur la face interne des cuisses. En général, on considère qu’on ne doit pas traiter des zones faisant plus de 10 cm sur 10 cm. On réalise parfois des traitements de l’abdomen, mais on est confronté à plus de résistance (10% de résistance sur l’abdomen, 2% seulement sur le menton, 5 à 6% sur la face interne des genoux). Toutefois, en cas de résistance, on peut augmenter la concentration en déoxycholate afin d’obtenir un traitement plus performant. À noter qu’en général, les hommes répondent mieux à la lipolyse que les femmes.

Quel  est le prix de la lipolyse ?

Dr Catherine de Goursac : Ce traitement n’est évidemment pas remboursé. Le coût de la séance est de 90 euros et 4 à 5 séances sont nécessaires. Par comparaison, avec la mésothérapie classique, 10 à 15 séances étaient requises et pour un effet différent car la mésothérapie classique ne casse pas les adipocytes. C’est pourquoi nous nous sommes orientés vers toutes les méthodes de lyse adipocytaire (lipolyse) car elles sont définitives. La mésothérapie classique utilise des injections de stimulants de la microcirculation et de facteurs de la lipolyse (caféine, buflomedil…). Cette technique n’est pas efficace sur les zones localisées comme c’est le cas de la lipolyse, mais l’est sur la peau d’orange et sur les grandes surfaces. En revanche, il faut ensuite un peu d’entretien car la cellule n’est pas éclatée mais seulement vidée. Les méthodes actuelles qui permettent d’éclater les cellules sont la lipoaspiration, le laser endohypodermique et la phosphatidylcholine.

À qui s’adresser ?

Dr Catherine de Goursac : On peut s’adresser à l’Association française des médecins esthéticiens (AFME) pour connaître les praticiens de cette technique. www.afme.org

 Quel est le statut de la phosphatidylcholine ?

Dr Catherine de Goursac : La phosphatidylcholine n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en France. Elle a donc un statut de « ni interdit ni autorisé ». La phosphatidylcholine est tombée dans le domaine public et donc n’aura pas d’AMM prochainement car aucun laboratoire n’ira mettre des sommes très importantes pour légaliser une molécule efficace qui pourra aussitôt être recopiée. En revanche, on peut se baser sur les très nombreuses publications scientifiques et communications dans les différents congrès.

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