Le syndrome de carence en vitamine D (résumé d’une conférence au X° congrès Européen de Médecine Esthétique à Moscou en février 2014)

E.A. Maschenko, Cand. Sci. (Med.), professeur à l’Unité de Gérontologie clinique et sociale, Université russe de l’amitié des peuples, Moscou

La compréhension du rôle de la vitamine D dans l’organisme humain a énormément évolué depuis sa découverte, il y a exactement 100 ans.

La vitamine D est absorbée dans l’organisme sous deux formes : la vitamine D2, dont l’apport provient essentiellement de l’alimentation, et la vitamine D3, synthétisée notamment par la peau sous l’action des ultraviolets. Elle est métabolisée, sous l’une ou l’autre forme, par le foie, où une première hydroxylation la transforme en calcidiol. Le taux de calcidiol peut être utilisé pour évaluer la présence de vitamine D dans l’organisme. La deuxième hydroxylation, effectuée dans le rein sous l’effet de l’enzyme 1-α-hydroxylase et régulée par l’hormone parathyroïdienne et les œstrogènes, produit le calcitriol, dont le rôle est analogue à celui d’une hormone stéroïdienne. Une carence en vitamine D entraîne l’apparition d’un complexe de symptômes comprenant des troubles divers.

vitamineD

La vitamine D joue un rôle majeur  dans l’homéostasie calcique qui se fait principalement au niveau de l’intestin, du rein et des os. L’absorption se fait au niveau de l’intestin, tandis que la réabsorption du calcium et du phosphore dans le sang se fait par le rein. Au plan osseux, la vitamine  D agit par l’intermédiaire des récepteurs sur les ostéoblastes  et active le mécanisme RANK-RANKL permettant la résorption osseuse. Ainsi, la concentration de calcium dans le sang agit sur les processus de formation osseuse ainsi que sur d’autres processus métaboliques. La vitamine D maintien le taux de calcium et de phosphore dans le sang et participe ainsi à la minéralisation du squelette. Une perturbation de cette régulation provoque l’ostéoporose, une affection extrêmement fréquente touchant un tiers de la population mondiale, et qui entraîne de graves conséquences médicales, sociales et économiques.   

L’ostéoporose post-ménopausique représente 80% des ostéoporoses. Les œstrogènes – qui ont une action sur le remodelage du tissu osseux – diminuent, entraînant une baisse de la densité osseuse ainsi que de la synthèse rénale de la vitamine D. De même, l’absorption intestinale du calcium diminue de 20 à 30%.  Outre l’insuffisance œstrogènique, responsable d’une carence secondaire en vitamine D, la diminution du temps d’exposition au soleil, une consommation moindre d’aliments riches en vitamine D, une diminution de sa synthèse au niveau de la peau, l’apparition de diverses perturbations physiologiques et la prise de certains médicaments sont autant de facteurs qui contribuent à l’apparition d’un carence primaire en vitamine D.

Muscles et appareil urogénital:

La vitamine D et ses métabolites stimulent le métabolisme des muscles du squelette ; un taux insuffisant de vitamine D entraîne une aggravation du syndrome uro-génital. Celui-ci est lié à une baisse du tonus du système urinaire et à une augmentation de la pression abdominale résultant de la fragilisation de la colonne vertébrale et des modifications de la posture et du positionnement des organes internes.

Système cardiovasculaire: 

La vitamine D participe également au fonctionnement d’autres organes et systèmes. Les recherches ont révélé ses effets positifs sur le système cardio-vasculaire : un taux insuffisant de vitamine D entraîne le blocage d’un grand nombre de ses mécanismes, favorisant ainsi le développement de l’hypertonie, l’augmentation de la coagulabilité du sang, la formation de la plaque athéromateuse et une diminution de l’accrétion du calcium.

L’homéostasie du glucose, l’activité des cellules bêta du pancréas productrices d’insuline et la sensibilité à l’insuline des tissus périphériques font partie des processus biologiques dans lesquels la vitamine D joue un rôle. Il pourrait même y avoir un lien entre la résistance insulinique en tant que facteur favorisant le syndrome métabolique et une insuffisance – soit dans sa quantité soit dans son efficacité – en vitamine D.

Système nerveux central

Il est important de noter la fonction neuroprotectrice de la vitamine D. Elle réduit la neurotoxicité liée à un taux insuffisant de calcium et aux médiateurs de l’inflammation, renforce les défenses anti-oxydantes, et stimule la neurogénèse. Après avoir analysé les résultats de plus de 250 travaux de recherche, nous pouvons confirmer que les personnes atteints d’une insuffisance en vitamine D présentent souvent des signes de troubles mentaux ou du système nerveux (maladie de Parkinson, Alzheimer, maladie psychiatrique). En outre, la vitamine D est connue pour son action protectrice contre le cancer.

Ainsi est-il possible d’affirmer, sur la base des données collectées, que la vitamine D a des propriétés anti-âge certaines et que sa carence constitue un véritable mal du siècle. Son insuffisance touche aujourd’hui les populations les plus diverses, de tous pays et nationalités, et affecte à la fois la durée et la qualité de la vie. Extrapolant à partir des résultats d’un certain nombre de travaux de recherche, nous pouvons conclure qu’environ 1 milliard de personnes souffrent d’insuffisance en vitamine D. Il n’y a pas de consensus concernant le taux optimal de vitamine 25(OH)D, mais la majorité des spécialistes s’accordent pour parler de carence lorsque le taux est inférieur à 15 ng/ml, d’insuffisance en-deçà de 20 ng/ml et d’hypovitaminose en-deçà de 40 ng/ml.

 

 

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